Le Sacre d’Hokkaido Jiel : Le Miracle de Vincennes
L’hippodrome de Paris-Vincennes a vibré, ce dimanche 25 janvier 2026, au rythme d’une édition du Prix d’Amérique Legend Race qui restera gravée dans les mémoires comme celle de la résilience. Dans une atmosphère électrique, sous un ciel de janvier chargé, c’est le valeureux Hokkaido Jiel qui a décroché la plus belle victoire de sa carrière, s’adjugeant le titre de champion du monde du trot attelé. Pour tous les passionnés, cette course a représenté l’apogée de l’hiver, mêlant tactique pure, endurance et une dose de destin hors du commun.
Le numéro 13 : de la superstition à la consécration
Sur le papier, s’élancer avec le numéro 13 peut en faire frémir plus d’un. Pourtant, pour Hokkaido Jiel, ce chiffre ingrat s’est transformé en véritable porte-bonheur. Placée sous le signe de la chance, sa course a été un modèle du genre. Là où d’autres auraient pu être enfermés ou subir les aléas du peloton, le “13” a semblé ouvrir les portes devant lui. Franck Nivard, avec son flegme légendaire, a su transformer ce tirage en un avantage tactique, restant à l’abri jusqu’au moment fatidique où l’espace s’est libéré côté corde.
Le revenant de l’ombre : un forfait évité de justesse
L’histoire de ce sacre est d’autant plus belle qu’Hokkaido Jiel a failli ne jamais fouler la cendrée ce dimanche. Victime d’une blessure sérieuse à un postérieur l’année précédente, qui l’avait contraint au forfait pour l’édition 2025, le champion de l’écurie Luck est revenu de très loin. Cet automne encore, son entourage craignait une rechute. Sa préparation a été une course contre la montre, ponctuée d’incertitudes médicales. Jusqu’au dernier moment, sa participation était suspendue au feu vert des vétérinaires, faisant de sa simple présence au départ un petit miracle. Sa victoire n’en est que plus héroïque : il est passé de l’infirmerie au sommet du monde.
Un scénario de légende
La course a tenu toutes ses promesses. Dès les premiers mètres, la tension était palpable, marquée par l’incartade précoce d’Iroise de la Noé. Alors que le favori Go On Boy se montrait fautif à l’entrée de la ligne droite, Franck Nivard a jailli. Dans un effort final éblouissant, Hokkaido Jiel a dominé ses rivaux sur le fil, offrant un spectacle de pure vitesse.
Les racines et l’équipe du champion
Âgé de 9 ans, Hokkaido Jiel est un fils de Brillantissime et de Victory Jiel. Ce pedigree souligne l’excellence de l’élevage de l’Écurie Luck. Sous la houlette de son entraîneur Jean-Luc Dersoir, le cheval a atteint une plénitude physique exceptionnelle. En passant le poteau en tête, il a non seulement décroché la gloire, mais aussi la coquette somme de 450 000 euros, part dévolue au vainqueur sur l’allocation totale d’un million d’euros.
Le quinté de tête : des performances héroïques
Deuxième : Josh Power (N°11) Le pensionnaire de Benjamin Goetz a réalisé une performance monumentale sous la drive de Sébastien Ernault. Toujours bien placé, il a longtemps cru à la victoire avant de subir l’assaut final du lauréat, mais confirme son rang parmi l’élite mondiale.
Troisième : Epic Kronos (N°6) Le prodige suédois de 6 ans a terminé en trombe à l’extérieur, prouvant qu’il était déjà un crack de dimension internationale. Mené par Paul-Philippe Ploquin, il arrache une place sur le podium après un parcours d’une grande dureté.
Quatrième : Frank Gio (N°10) Le talentueux fils de Face Time Bourbon a conclu son parcours de manière très solide après avoir longtemps patienté au sein du peloton. Sous la main experte de Matthieu Abrivard, il échoue de peu pour le podium mais réalise une ligne droite remarquée.
Cinquième : Just Love You (N°12) La jument de classe de l’écurie Abrivard a une nouvelle fois fait preuve d’une régularité exemplaire à ce niveau. Conduite par son fidèle partenaire Alexandre Abrivard, elle complète ce quinté de prestige, récompensant sa combativité tout au long de l’hiver.
