FEI World Cup : Qui domptera la piste de Suède ?
Le circuit mondial de saut d’obstacles entame sa dernière ligne droite avant les grandes finales printanières, logique que tous les regards se tournent ce samedi 21 février 2026 vers la Suède. Le Scandinavium de Göteborg, véritable temple de l’équitation indoor, accueille la treizième et avant-dernière étape de la Ligue d’Europe de l’Ouest de la Coupe du Monde Longines FEI. Une immersion dans une ferveur populaire où le public suédois, sans doute l’un des plus connaisseur au monde, porte chaque cavalier vers l’exploit.
Entre les enjeux cruciaux de qualification pour la finale de Fort Worth et le prestige de s’imposer sur une piste chargée d’histoire, ce week-end à Göteborg promet des moments de sport d’une intensité rare, marqués par la présence des plus grands noms de la discipline et une délégation française bien décidée à jouer les premiers rôles.
Ici, le silence qui précède le premier saut est presque tangible, avant de laisser place à une explosion de joie à chaque sans-faute, peu importe la nationalité du cavalier. En ce samedi de compétition, l’enjeu est double. Si les cavaliers pensent tous au Grand Prix Coupe du Monde de demain dimanche, l’épreuve du jour, le mythique “Gothenburg Trophy”, reste l’un des trophées les plus convoités du calendrier international. Le parcours, dessiné avec la finesse habituelle des chefs de piste scandinaves, impose un rythme soutenu dans un espace réduit, exigeant des chevaux une agilité et une concentration extrêmes. La délégation française a envoyé ses meilleurs atouts pour cette étape scandinave. Kevin Staut, fidèle au rendez-vous, est arrivé avec un piquet de chevaux particulièrement affûté, dont le prometteur Thunder EK qui a déjà fait sensation lors des épreuves d’ouverture. À ses côtés, Julien Anquetin, dont la forme actuelle semble ne connaître aucune limite, compte bien faire parler sa vitesse légendaire pour bousculer la hiérarchie établie.
Face à eux, les locaux ne comptent pas se laisser intimider. Malin Baryard-Johnsson et Rolf-Göran Bengtsson, véritables idoles nationales, bénéficient du soutien d’un public qui scande leur nom à chaque passage. La Suède, championne olympique et du monde en titre, traverse un âge d’or et chaque concours à domicile est l’occasion de réaffirmer sa suprématie. Mais la Coupe du Monde est une machine à suspense. À ce stade de la saison, chaque point compte. Les cavaliers à la recherche de précieux points pour s’assurer une place dans le top 18 européen ne peuvent plus se permettre l’erreur. On observe une tension particulière au paddock, où les réglages se font au millimètre. La surface de la piste, un sable d’une qualité exceptionnelle, permet toutes les audaces, et les barrages se jouent souvent à quelques centièmes de seconde, dans des courbes que seuls les plus grands maîtres de l’équitation indoor osent tenter. Au-delà du sport pur, Göteborg est aussi une vitrine pour l’innovation et le bien-être animal. Les coulisses du salon, qui jouxte la piste, regorgent de passionnés venus admirer non seulement les stars du saut d’obstacles, mais aussi les démonstrations de dressage de haut vol et les épreuves de voltige qui complètent ce programme riche.
Ce samedi soir, le Scandinavium s’illuminera pour une épreuve à barrage qui s’annonce explosive. Pour nous, observateurs de Cheval Addict, c’est l’occasion de voir comment nos cavaliers tricolores gèrent cette pression extérieure face à une armada étrangère redoutable composée de l’Allemand Daniel Deusser ou de l’Irlandais Denis Lynch, tous deux très en verve depuis le début de la semaine.
La stratégie française repose sur une préparation méticuleuse et une connaissance parfaite de ces pistes indoor où le timing est le maître mot. Une victoire ici, à la veille de la fin de saison, serait un signal fort envoyé à la concurrence mondiale. Alors que les camions s’apprêtent à rejoindre la piste pour le Grand Prix dominical, la soirée de samedi restera comme le baromètre de la forme des champions. Que l’on soit sur place ou devant son écran, le Gothenburg Horse Show 2026 nous rappelle pourquoi nous aimons tant ce sport : pour cette communion unique entre un cavalier, son cheval et un public qui respire au même rythme que l’animal. Demain, nous saurons qui aura décroché son ticket pour le Texas, mais ce soir, c’est la beauté du geste et la ferveur suédoise qui l’emportent, prouvant une fois de plus que Göteborg est bien le cœur battant de l’équitation européenne en hiver.